L’échelle de Jacob

huile sur toile, 100x100cm

Le paradis est une forêt, ici et maintenant. Mais il faut s’en soucier, car les neiges ne sont pas éternelles et l’échelle de Jacob est aussi celle de Richter. Il faut en juger, non pour évaluer ou calculer mais pour l’accueillir, lui restituer son avenir qui est le nôtre. Ici, ce n’est pas l’échelle de Likert, la forêt n’est pas un service mais une possibilité improbable, une idée, une idée de Terrestre à partager d’urgence. On ne va tout de même pas finir sur l’échelle de Bristol !…

Réchauffement

huile sur toile, 90×116 cm

Le réchauffement des cerveaux est en cours. Le vertige de l’hyper vitesse du calcul algorithmique y participe. Le veau d’or aujourd’hui s’appelle IA. Il faut choisir : l’allégeance à l’Automatisme et son cortège d’exploitation industrielle et de désinhibition pulsionnelle ou le Recours aux forêts dont parlait Ernst Jünger dans son Traité du Rebelle (1951). Car les noces de la raison et de la folie sont consommées. Il ne reste aux Valeureux que la ressource de l’incognito  et la forêt pour se reconnaître et se retrouver autour d’une raison insoumise au calcul, seul reine légitime au royaume des pulsions.

Concept

huile sur toile, 100×100 cm

« Une forêt est un écosystème, relativement étendu, constitué principalement d’un peuplement d’arbres, arbustes et arbrisseaux, ainsi que de l’ensemble des autres espèces qui lui sont associées et qui vivent en interaction au sein de ce milieu. Les forêts abritent une grande richesse écologique, concentrant 80 % de la biodiversité terrestre mondiale recensée. La moitié des forêts de la planète a été détruite au cours du XXe siècle. Il n’y a pas de gouvernance mondiale des forêts, ni de convention internationale. » Wikipedia

Quadrature

huile sur toile, 90×116 cm

L’une des erreurs les plus délétères de notre temps est l’assimilation du fonctionnement cérébral à celui d’un computer. Le cerveau humain, s’il peut se servir de ou se soumettre à quelque système informationnel ne sera jamais compréhensible et viable sur le modèle de l’ordinateur. Sigmund Freud nous avait averti déjà en son époque de positivisme enthousiaste que l’inconscient était partie intégrante, voire déterminante, de l’activité cérébrale. L’irrationnel est inscrit au coeur même de l’usage de la raison. Ce n’est pas grande prophétie d’affirmer que la prise de pouvoir en cours de l’IA sur les cerveaux disponibles grâce aux réseaux sociaux nous le démontrera de jour en jour à travers la multiplication des actes irrationnels, pulsionnels et morbides qui mettent en cause l’existence même de la bonne intelligence sociale. Avis aux neuro-biologistes: la forêt est un modèle plus pertinent.

La chambre verte

huile sur toile, 100×100 cm

« Comme l’oeil répond par le « Vert » à une affirmation trop longue ou trop intense du « Rouge », ainsi dans les arts une cure de « vérité » compense toujours une débauche de fantaisie. » Paul Valery in « Pensées sur la peinture ».

Je suis chevreuil

huile sur toile, 100×100 cm

Jacob von Uexküll dans son essai « Mondes animaux et monde humain » montre que la forêt « ne sera pas saisie dans sa vraie signification si nous ne la rapportons qu’à nous… Sa signification est centuplée si l’on ne limite pas ses rapports au seul sujet humain mais si on y fait entrer aussi les animaux. » Car il n’existe pas de forêt en tant que milieu indépendant, objectivement déterminé. La forêt du chasseur n’est pas celle du peintre ni celle du chevreuil. Et si je suis chevreuil ici, ce n’est pas de voir comme le chevreuil dont la perception serait limitée entre le bleu et le vert, mais que j’y poursuis l’instant qui précède la fulgurance rousse de son bond.

Où atterrir?

huile sur toile, 116x 89 cm

« Où atterrir? » est le titre d’un essai de Bruno Latour dans lequel il propose, face aux impasses et angoisses du monde contemporain dues au dérèglement climatique, de repenser la politique et son projet en y intégrant tous les « agents » de la vie sur terre à travers la notion de « Terrestres ». L’ouvrier(e), le trader ou la ménagère de plus de cinquante ans tout comme les virus, les bactéries, les océans, les abeilles ou la forêt sont des terrestres. Car l’humain moderne se rêvant « maître et possesseur de la nature » découvre dans l’urgence que ce qu’il envisageait comme nature, inerte et manipulable à l’envi, n’est autre en réalité qu’un collectif d’agents s’engendrant les uns les autres, qui réagissent à son action aveugle en un effet domino, au point de mettre en question sa propre survie. Retrouver un sol où atterrir, une forêt pour respirer (car l’air est un terrestre aussi) , un sol pour un monde ouvert sur la diversité et partagé avec la diversité des Terrestres sans lesquels nous creusons notre tombe. Aucune mystique là-dedans mais de la vraie politique. « Il ne faut pas confondre le retour de la Terre avec le « retour à la terre » de sinistre mémoire »… Il faut lire Latour.

Fausse piste

Ces hommes qui ambitionnent d’aller sur Mars devraient faire un tour en forêt. Ils y découvriraient qu’ils sont déjà des Martiens. Qu’ils ne connaissent pas la Terre qu’ils méprisent. Ils ne la voient plus. Ils s’impatientent de fuir la vie dans l’illusion technologique d’un monde réduit de force à des effets de code. Un monde sans odeur, sans saveur autres que celles des sécrétions de l’humain et du formol de ses machines. La forêt, elle, est incodable, secrète, elle sent la vie et la mort, ce qui s’appelle l’humus. Les Martiens ont oublié ses chemins de champignons qui, comme le disait Martin Heidegger, ne mènent nulle part.

Disparition

Un tableau est une surface de méditation. Il me semble qu’à la différence du mandala qui supporte et vectorise la méditation par abstraction vers l’unité (l’évidence mentale de la pure présence au delà du désir, le Rien de toutes choses, de toutes significations), le tableau invite à une méditation par concrétisation du divers (la forêt en est un paradigme) vers l’expérience d’une unité purement sensible, indicible, par laquelle présence et absence se fondent en libérant le désir. Un tableau se regarde, se sent, s’écoute, se touche, se goûte. René Daumal, grand lecteur des Upanishad et de la Bhagavad Gita, écrivait dans le Contre-ciel: non est mon nom, non non le nom, non non le non. C’est le mandala. Pour le tableau il faudrait dire: Oui est l’ouïe, oui oui l’ouïe, oui oui le oui. La forêt nous survivra.

Stress

A cinq contre un, la partie n’est pas égale. Mais le renard est malin.

Portrait de l’artiste en esprit de la forêt

huile sur toile, 100×100 cm

Notre impuissance face à l’impéritie, la suffisance et la lâcheté de nos politiciens professionnels devant l’urgence climatique nous portent à solliciter les esprits de la forêt. Car les esprits de la forêt savent pénétrer les rêves pour y semer l’humilité et la rebellion.

La « biche en sous-bois »

En peinture, la « biche en sous-bois » représente depuis au moins un siècle le comble du mauvais goût. Encadrée au dessus du buffet, original ou reproduction, un peu jaunie, on en mangerait… Les brocantes et vide- greniers en sont plein. En visite au Salon, devant un tableau représentant un couple de biches dans les sous-bois, Degas commenta: « joli coin pour pisser!… » Hélas, en pissant ou pas, qui peut bouder le plaisir de croiser un jeune chevreuil dans la forêt? Et merde à Degas, je me suis amusé à le peindre. Mais je n’ai pas pu ignorer la barrière.