
Mona
huile sur toile, 100×100 cm
Moi, que mes soixante huit ans qualifient de vieux peintre, quoique je sois encore jeune en peinture, j’ai invité Mona à une randonnée dans la forêt royale. Elle a accepté à condition que je fasse son portrait. J’ai fait de mon mieux. La touche est idéale évidemment, ce n’est pas un fait divers. Mais le désir s’y abandonne. À la Beauté, tout est permis. Même la toile rose fluo (je l’ai calmé c’est vrai) d’un sac à dos de marque à la mode et le godet en carton rouge d’un distributeur automatique de boissons… Son regard et son sourire, ce fameux sourire dont on rêve, depuis da Vinci, qu’il nous soit adressé. Or si la Beauté nous regarde, on sait qu’elle nous regarde jusqu’au bleu où il n’y a plus personne, ni toi, ni moi, ni Leonardo. Et nous jouissons d’apercevoir notre absence dans ce regard. Visage ou non, la Beauté est la figure de notre absence.



